La France d'ouest en est.

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Jean-Pierre (72...
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La France d'ouest en est.

En cette période hivernale, où le temps ne nous incite guère à la navigation, je vous propose un petit récit, en plusieurs épisodes, pour aider certains à rêver aux croisières de la prochaine saison.
Il y a plusieurs mois, j’avais promis aux aquaforumiens un récit du voyage qui devait nous mener, en été 2003, du bassin de la Seine à celui du Rhône. Je pense qu’il est grand temps de mettre cette promesse en application.
J’espère, à travers ce récit, aider les néophytes à se faire une idée un peu plus précise de ce qu’est la navigation et la vie sur les eaux intérieures.
Si vous le voulez, nous commencerons notre voyage le 22 février 2003, au Havre, et plus exactement dans l’estuaire de la Lézarde à Harfleur.
Le Rayhana avait trouvé refuge là-bas l’année précédente, et y séjournait au calme. Nous remercions içi, Claude et Monique, le couple de mariniers à la retraite, du magnifique Rebello, pour leur accueil et pour l’aide apportée pendant notre séjour en nous fournissant eau et électricité.
Ma mission professionnelle au Havre allait prendre fin, et nous avions décidé de remonter le Rayhana sur Pont-Sainte-Maxence, en attendant de connaître ma nouvelle affectation.
Le problème qui se pose à nous est de rejoindre Rouen (120 km) d’une seule traite, car il n’existe, pour la plaisance aucun accostage possible pour passer la nuit entre Le Havre et Rouen. Il y a bien une possibilité au ponton flottant pour les bateaux de croisière à Caudebec, mais il faut d’abord s’assurer auprès de l’Office du tourisme si aucun bateau de croisière n’est prévu ce jour là, pour avoir l’autorisation d’y passer la nuit, et de toute façons, nous n’avons pas envie de renouveler l’expérience vécue à l’aller où nous avions passé une nuit, chahutés comme en pleine tempête par l’effet combiné du flot (courant de renverse, qui à cet endroit atteint 7 km/h) et des cargos qui remontent au port de Rouen. Nous avions dus doubler et même tripler les amares.
En février, avec un bateau dont la vitesse ne dépasse pas les 10 km/h, il est théoriquement impossible de remonter d’une traite pour la bonne raison que la navigation de plaisance sur ce trajet est interdite à partir d’une demi-heure après le coucher de soleil jusqu’à une demi-heure avant son levé. Le Rayhana peut monter jusqu’à 12 km/h, et nécessité faisant loi, après de savants calculs, dont je vous épargnerai le détail, nous décidons de tenter l’aventure. Sachez tout de même que ces calculs doivent tenir compte de la date de départ, qui dépend de l’heure de marée basse au Havre et du coëficient de marée, qui permettent de lire les courbes de vitesse des courants en Seine, et des heures d’ouverture de l’écluse de Tancarville.
Nous démarrons à 9h00, pour les 20 km qui nous séparent de l’écluse, qui ouvre à 11h00.
Le soleil est au rendez-vous, c’est un atout pour réussir cette remontée.
Nous sommes à Tancarville juste avant 11h00, mais bien que prévenue par VHF, l’écluse tarde à s’ouvrir. Nous n’en sortons qu’à 11h50, avec une demie heure de retard sur mes prévisions. A la sortie en Seine, le flot est au rendez-vous. Ce jour là, le coëf. de marée était de 84, ce qui d’après les tables donnait une vitesse de courant de 6 à 8 km heure. Pour remonter, cela aide.
Dans la journée, le beau temps se maintient et le vent nous est souvent favorable, nous parvenons donc à revenir dans les prévisions de marche, ce qui lève mes dernières hésitations à scinder le voyage en deux.
Nous croisons plusieurs fois des cargos, et, en aval de Caudebec, l’un d’eux provoque une telle vague, que le Rayhana, après l’avoir escaladée, pique du nez et envoi valdinguer la vaisselle du bord. Pas de casse, mais tout de même une belle frayeur.
La Seine sort d’une crue, et charrie beaucoup de branches et de troncs d’arbres. Il faut rester très attentif pour les éviter.
Au fur et à mesure que nous approchons de Rouen, les effets du flot diminue, et notre vitesse aussi. Nous arrivons à l’entrée du port vers 18h00. il nous reste 20 km à faire, à une moyenne de 10 km/h, nous en avons encore pour 2 heures. Ce jour là le soleil se couche à 18h20, nous ne pouvons, réglementairement, naviguer que jusque 18h50. J’annonce à la capitainerie du port mon intention de remonter jusqu’au port de plaisance à l’île Lacroix. Ils sont d’accord, je n’ai de toutes façons pas le choix, il n’y a aucun emplacement disponible avant.
A 19h00, il fait nuit et bien nuit, mes feux sont allumés depuis longtemps, et je me guide en repérant sur la carte les balises lumineuses et en essayant de les identifier sur les bords du chenal. Ce n’est pas façile de les distinguer entre les lumières du port, les feux des navires accostés et les feux aux carrefours des routes riveraines.
J’ai contacté, le capitaine du port à l’île Lacroix pour m’annoncer. Il me dit qu’il n’a pas de place, mais que pour une nuit, nous pouvons nous mettre à couple d’une péniche habitation, en face et dont il connaît les propriétaires.
Nous approchons du premier pont de Rouen, un gros pousseur vient de nous dépasser, lorsque subitement, le moteur cale dans un grand bruit d’hélice bloquée. Je débraille instantanément. Mon coeur aussi s’est arrêté, et la sueur coule dans mon dos. Probablement une grosse branche qui est passée sous la coque et qui a été attirée dans le tunnel.
Maintenant mon cœur s’est remis à battre, mais de plus en plus vite. Je tente d’abord de redémarrer le moteur. Celui-çi repart du premier coup, ensuite je mets la marche arrière très lentement. L’hélice repart comme si rien ne s’était passé. Marche avant et un grand OUF.
Dans un post précédent, où je posais la question (tunnel ou pas tunnel ?), j’ai déjà conté cette mésaventure. Laurent et Geneviève s’étonnaient et trouvaient imprudent de se trouver à cet endroit et à ce moment là. Ils en comprendront maintenant la raison.
Bref, après cet incident, à 19h55, nous sommes arrivés au port, et avons trouvés sans problème la péniche où nous avons passé la nuit à couple.
Fin du premier épisode, si vous en redemandez, je continue le voyage.

Jean-Pierre

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Serge (Stella)
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Dernière visite : Il y a 3 jours 10 heures
Membre depuis le : 01/06/2008 - 22:30
Re: La France d'ouest en est.

un peu qu'on en redemande, personnelement, j'ai beau sentir les battements de ton coeur, ca me fascinera toujours autant la navigation, je dirai meme plus que la, tu mets mes sens en eveil Smile

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rataka (3867) ()
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Dernière visite : Il y a 12 années 2 mois
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La France d'ouest en est.

Salut,

oui, je veux la suite, et pas le mois prochain comme dans Fluvial............
Merci de nous faire vivre avec toi tes aventures en eaux douces.

Rémy
http://www.rataka.tk

rataka

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Jean-Pierre (72...
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Dernière visite : Il y a 12 années 1 mois
Membre depuis le : 29/10/2003 - 23:13
Re: La France d'ouest en est.

OK, mais avec Fluvial, on est certain que cela tombe régulièrement, avec moi, cela risque de ne pas être le cas.

Jean-Pierre

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patricia jeluga ()
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Membre depuis le : 25/05/2008 - 08:39
Re: La France d'ouest en est.

salut

moi aussi je suis déjà accro à la série Smile
pat91

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GD - Georges ()
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Re: La France d'ouest en est.

Je découvre.... Et je suis !

User hat sich aus dem Forum verabschiedet!

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